École morte à Jean-Moulin

Publiée le 20 novembre 2020 - Mise à jour le 20 novembre 2020

© Sylvain Lefeuvre

Inquiets du non remplacement des enseignants absents depuis le début de l’année, les parents de la FCPE de l’école Jean-Moulin ont organisé une journée école morte jeudi 19 novembre. Un appel sur l’ensemble de la ville est lancé pour le 1er décembre.

“Nous sommes inquiets pour nos enfants, exprime Mme Fanelli, maman d’une élève en classe de CE2 à l’école Jean-Moulin et représentante FCPE. Et en colère. Entre les grèves de l’année dernière et le premier confinement, les enfants avaient déjà du retard. Depuis la rentrée de cette année, tous les enseignants absents ne sont pas remplacés, malgré nos alertes auprès de l’inspection académique. C’est d’autant plus problématique pour les élèves de CM1 et CM2 qui vont bientôt entrer au collège."

"Alors nous avons appelé les parents à garder leurs enfants à la maison aujourd’hui pour une journée « école morte ». Il faut que le gouvernement embauche.”

L’appel a été entendu

Sur 335 élèves, seuls 61 sont présents à l’école Jean-Moulin ce jeudi 19 novembre. Les parents, rassemblés devant l’école, partagent tous la même inquiétude et la même colère.

“Demain, c’est la Journée internationale des droits de l’enfant, souligne Mme Sawane, dont le fils est en classe de CM1. Et j’explique à mes enfants que l’école fait partie de leurs droits alors qu’ils n’ont pas d’enseignant et que l’État ne respecte pas ce droit.”

Sur l’école Jean-Moulin, on compte 33 journées d’absence d’enseignants non remplacés depuis la rentrée. Des absences souvent dues à la crise sanitaire. Une classe de CM1, qui devait partir en classe de ski, reste sans enseignant depuis le retour des vacances. “Il y a une pénurie de remplaçants et l’organisation des remplacements est plus compliquée depuis qu’elle est gérée au niveau du département plutôt qu’au niveau des circonscriptions, constate une enseignante. Les élèves dont l’enseignant est absent n’ont plus cours et sont répartis dans les autres classes.”

Un exercice qui se complique avec le protocole sanitaire

L’école étant divisée en deux pour éviter les brassages, les élèves des classes sans enseignant sont répartis seulement sur une moitié des classes, ce qui pèse parfois lourdement sur des effectifs déjà chargés. Une situation qui désespère Mme Goderen, dont le fils, en classe de CM1, se retrouve dans une autre classe sans son AVS.

“Je vis très mal cette situation, je me bats pour mon fils qui rencontre déjà des difficultés, et on a aucun retour.”

Des situations auxquelles sont confrontées plusieurs écoles de la ville

“Nous contactons toutes les directions d’école pour connaitre la situation de chacun d’entre elles et faisons remonter nos inquiétudes à la direction académique de l’Éducation nationale, souligne Isabelle Ougier, adjointe au maire chargée de l’Éducation. Il faut que soit respectée l’égalité d’accès à l’école de tous les enfants, les nôtres y ont droit. Il y a besoin d’un plan d’urgence et d’embauches massives dans l’Éducation nationale. Et nous devons mener une réflexion collective, à Vitry, sur ce que nous souhaitons comme école pour nos enfants.”

Les parents d’élèves appellent à une journée « école morte » sur l’ensemble de la ville le 1er décembre. Plusieurs écoles se sont déjà associées au mouvement pour réclamer des remplaçants et les moyens d’une éducation de qualité pour les petits Vitriots.

Marjorie Andrès

 

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