Soutien au lycéen expulsable de France

Publiée le 10 février 2021 - Mise à jour le 10 février 2021

© Sylvain Lefeuvre

Ibrahima élève de terminale au lycée Jean-Macé, rendu immédiatement expulsable du territoire par l'administration, a rassemblé près de 60 soutiens mardi 9 février pour dire non à son départ.

Le lycéen à Jean-Macé en terminale STI2D, ancien mineur isolé d'origine ivoirienne, qui a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF) de la préfecture, a suscité un élan de solidarité, mercredi 9 février. Devant son établissement, lors du rassemblement appelé par la cellule Réseau éducation sans frontières (RESF) du lycée, près de 60 personnes mobilisées ont réclamé qu'il puisse rester en France.

Injuste renvoi de France

En émoi, munis de banderoles « Liberté égalité régularisé ! » camarades, enseignants, parents d'élèves, amis de grandes écoles, élus municipaux, parmi lesquels les adjoints au maire Valentin Ierg, Shamime Attar, Bernadette Ebode Ondobo, se sont retrouvés pour témoigner de l'intégration d'Ibrahima et dire non à son injuste renvoi de France.

Arrivé en France à l'âge de 15 ans, il y a plus de 3 ans, Ibrahima, à sa majorité, a fait une demande de régularisation qui a été refusée et assortie d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Aude Lagouarde, membre de RESF 94, dénonce les pratiques administratives qui, selon elle, se systématisent face à ces jeunes lycéens une fois devenus majeurs.

« Concernant Ibrahima, qui n'a pas été reconnu d'emblée mineur à son arrivée en France et n'a donc pas pu bénéficier de la prise en charge par l'Aide sociale à l'enfance, nous avons fait un recours gracieux auprès de la préfecture, explique la professeur. Nous avons contrer plusieurs arguments afin d'aboutir au changement de sa situation. Face à l'argument de non intégration dans la société et non intégration professionnelle future, nous avons produit des témoignages et documents. Ibrahima a créé beaucoup de liens et d'attaches en France, et cet étudiant en STI2D détient une attestation d'inscription dans un établissement pour poursuivre en alternance ses études après le bac. »

« Mon futur ici en France »

Ibrahima, discret, lassé, a retrouvé un peu le moral grâce aux soutiens, mais s'alarme cependant sur son sort.

« On m’avait dit qu’il fallait attendre 3 ans de présence en France pour faire une demande de titre de séjour... Là, je suis dans l’inquiétude. J’ai peu d’espoir même si les gens me soutiennent. Je ne sais pas ce que le préfet va décider. »

Ibrahima se dit très perturbé. « J’ai un bon dossier et tout mes bulletins scolaires sont bons, mais, ces derniers temps, j’ai du mal à travailler et à me concentrer. Je connais plein de monde, j'ai suivi des cours de théâtre, j'aide dans une association de soutien aux personnes pauvres. Mon futur en France, déclare-t-il, ce serait de faire une alternance en génie thermique et énergie »...

Gwénaël le Morzellec

En savoir plus sur les expulsions sur le site RESF

 

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