De la poésie au lycée Chérioux

Publiée le 17 février 2021 - Mise à jour le 18 février 2021

Kouam Tawa, poète et dramaturge originaire du Cameroun, anime un atelier de poésie de 2 heures pour les élèves de seconde de Chérioux - © Alexandre Bonnemaison

Dans le cadre d’un projet à destination des lycéens qui s’appuie sur le spectacle "Traces, discours aux nations africaines" pour déconstruire les stéréotypes sur le continent africain, des artistes, menés par le théâtre Jean-Vilar, interviennent dans les lycées d’Ile-de-France dont Romain-Rolland et Adolphe-Chérioux. Reportage.

À la rencontre de l’altérité : des adolescents et leurs enseignants vont cheminer une année durant pour déconstruire les a priori, les préjugés et les visions simplistes sur le continent africain et son rapport à l’Occident et vice versa…

Vendredi 12 février, une fine couche de neige saupoudre encore la cour du lycée Chérioux. Dans la salle de classe de Chloé Bardin, une lumière particulière brille aux fenêtres : Kouam Tawa, poète et dramaturge originaire du Cameroun, anime un atelier de poésie de 2 heures pour les élèves de seconde dans la continuité du spectacle « Traces, discours aux nations africaines », en cours de report au théâtre Jean-Vilar, suite à la crise sanitaire, mais qui sera joué en mai « hors les murs » dans les lycées participant au projet.

De la lecture...

Après s’être présenté brièvement, l’écrivain distribue des poèmes signés d’auteurs originaires du continent africain à travers les rangs (par exemple Maya Angelou ou encore Marc Alexandre Oho Bambe, dit « Capitaine Alexandre »). Chaque élève doit lire le texte reçu. Malgré les masques et la difficulté de certaines tournures, l’émotion tient la main au silence. « Levez-vous pour lire vaillamment ! » conseille le poète d’une voix douce mais ferme. Il y a des moments d’explications : que signifie le mot « griot » ? De quels tueurs parle-t-on ici ?

... à l'écriture

Puis vient le temps de se risquer à l’écriture. Kouam Tawa distribue des feuilles blanches et donne une consigne brève mais libératrice : « c’est à votre tour d’écrire un poème, avec ou sans rime, peu importe le thème, la forme ».

Pour la professeure de lettres, cet atelier en demi-groupe (qui a lieu dans 3 classes en tout) est une réussite.

« Ces élèves ont déjà fait un atelier avec Étienne Minoungou, le comédien du spectacle, en janvier, plus axé sur la prise de parole, le rapport à la scène. Aujourd’hui, ils sont très attentifs, cette approche de la poésie est plus libre que celle des programmes scolaires… »

En effet, l’inspiration s’empare des ados très rapidement. « On peut en écrire plusieurs ? » demande un jeune homme à l’imagination débordante. Son camarade assis derrière lui bloque : « Monsieur, je n’ai pas d’idée… » Réponse de Kouam Tawa : « Ça sera le début de ton poème ! » Sourires. Le stylo du lycéen est déjà parti. 


Katrin Acou-Bouaziz

Kouam Tawa est né le 31 mai 1974 à l’ouest du Cameroun. Il réside dans sa ville natale et se consacre à la littérature, au théâtre et à l’animation des ateliers d’écriture. Il a écrit une quinzaine de pièces dont la plupart ont été mises en lecture, en espace ou en scène en Afrique, en France, au Canada ou au Japon. Il a obtenu le premier prix ACCT de littérature africaine pour la jeunesse ainsi que plusieurs bourses d’écriture, et a été lauréat du programme « Visa pour la création » de Cultures France.

 

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