Du trolleybus au tramway

Publiée le 08 avril 2021 - Mise à jour le 08 avril 2021

Reproduction de carte postale, début XXe, tramway hippomobile devant l’ancienne mairie, Place Saint-Aubin. Archives 59Fi3n1

Vitry renoue aujourd’hui avec le tramway, un mode de transport qui, à la fin du XIXe siècle, lui a permis de prendre le tournant de l’industrialisation.

Il y a un siècle et demi, il fallait plus d’une heure pour aller de Vitry aux portes de Paris. L’établissement d’un réseau de voies ferrées à traction animale, dans Paris et sa banlieue, est déclaré d’utilité publique par un décret du 9 août 1873. La première ligne de tramway à chevaux, la 10, mise en service le 18 avril 1878, a une capacité de cinquante et une places. Elle part du square de Cluny, tourne au cimetière d’Ivry pour arriver à Vitry, place Saint-Aubin (celle de l’ancienne mairie). L’usage des transports collectifs urbains reste toutefois marginal et semble réservé aux loisirs. Néanmoins, la ligne 10 favorise l’urbanisation le long de la route de Choisy.

Le 10 avril 1892, une ligne électrique relie la place de l’Église à la Seine. Elle dessert la gare du centre-ville (créée en 1862) et les écoles, assurant les correspondances vers les bateaux. L’avènement du tramway électrique à fil aérien (une perche fixée sur le toit) augure des mutations du secteur et de son environnement. Sur les bords de Seine, à Vitry, s’installe l’usine électrique de la Compagnie des tramways de l’est parisien (1901). La même année, la première ligne de tramway électrique, numéro 7 ter, relie la Concorde à Vitry, où elle s’arrête. En 1905, un pont remplace le passage à niveau et permet la poursuite de la ligne jusqu’à l’église Saint-Germain.

La ligne 10 se modernise alors et, deux ans plus tard, relie le Châtelet à Rouget-de-l’Isle, à Choisy, la traction animale disparaît au profit de l’électrique, même si elle reprendra temporairement du service en raison des inondations et des incendies de 1910.

En 1920, le département de la Seine rachète les compagnies de tramway de son territoire, Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP). Une ligne expérimentale (trolleybus) est mise en service entre la gare de Vitry et la place Cavé (actuellement place Paul-Froment), exploitée pendant une dizaine d’années avant d’être abandonnée. Les voitures sur rails sont alors remplacées par des voitures sur roues à bandages de caoutchouc, puis par des roues munies de chambres à air.

L’arrêt de l’exploitation des tramways parisiens en 1937 sonne leur glas en banlieue aussi. Plusieurs raisons président à leur disparition : les voies installées soit en accotement le long des trottoirs soit dans l’axe de la chaussée, sans aucun site propre, alors que la circulation se densifie ; la fixité du dispositif interdit son adaptation à l’environnement ; enfin, l’exploitation demeure plus coûteuse que celle des bus. Aujourd’hui, ce mode de transport plus écologique reprend du service en tenant compte des écueils du passé. Il accompagne les projets de développement de la ville.

Sylvaine Jeminet

  

Sources :
Projet urbain 2004/2005 EAPVS, F. Daune, N. Borg-Pisan, A-M Esteves, S. Müller, mars 2004
150 ans de transports en commun à Vitry-sur-Seine, A. Carville, Clio, octobre 1994
Les Tramways dans le Val-de-Marne 1875-1937, D. Larroque, ibid

Dossier : Le Tram 9 arrive

Documents du service des archives municipales

  • 59Fi1n6 : reproduction de carte postale, début XXe, tramway Chatelet-Vitry devant l’ancienne mairie, rue de la Barre (actuelle RD5).
  • 59Fi3n1 : reproduction de carte postale, début XXe, tramway hippomobile devant l’ancienne mairie, Place Saint-Aubin.
  • 59Fi3n11 : reproduction de carte postale, début XXe, tramway hippomobile, place Saint-Aubin, présence de la grille d'entrée de l'Institut médico-pédagogique Bourneville (actuel parc du Coteau).
 

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