DMJ : l’art de s’adapter pour ne rien lâcher

Publiée le 20 avril 2021 - Mise à jour le 20 avril 2021

Le bus de l'initiative va à la rencontre des jeunes dans les quartiers pour les sensibiliser aux nouveaux métiers de l'industrie. © Alexandre Bonnemaison

Plus que jamais la direction municipale de la Jeunesse (DMJ) accompagne les jeunes Vitriots malmenés par la crise sanitaire et une situation mouvante, en adaptant ses outils pour répondre au mieux à leurs besoins.

En 2020, le service municipal de la Jeunesse est devenu la direction de la Jeunesse (DMJ). Ce n’est pas qu’un glissement sémantique. Les jeunes représentent plus d’un tiers de la population. Ils sont de plus en plus nombreux à solliciter les dispositifs que la ville met à leur disposition. À travers cette évolution, la municipalité a souhaité se donner les moyens de répondre au mieux à leurs besoins et de les accompagner dans leur vie, leur réussite et leur parcours vers l’autonomie, en positionnant la DMJ comme premier interlocuteur jeunesse sur la ville et lui permettre de mieux articuler ses actions autour des politiques publiques. Un rôle d’autant plus important pendant la crise sanitaire, à laquelle les jeunes paient un lourd tribut. Dans ce marasme ambiant, ils peuvent s’appuyer sur les ressources que la direction municipale de la Jeunesse continue de coordonner à l’échelle du territoire, au plus près de leurs besoins.

Le lien n'a jamais été rompu

Comme tant d’autres équipements sur la ville, le Point information jeunesse (PIJ), qui est une porte d’entrée place Saint-Just, a dû se plier aux restrictions successives, balloté entre les phases de confinement et déconfinement, d’ouverture en fermeture puis en réouverture.

“Quelle que soit la période, nos équipes ont su adapter leur pratique à la situation et sont restées joignables pour continuer à renseigner, orienter et accompagner les jeunes vers les dispositifs adéquats”, rappelle Amirouche Mesbah, directeur de la Jeunesse.

Même distendu par la crise, le lien n’a jamais été rompu avec le public. Le recours renforcé au téléphone, aux réseaux sociaux, la mise en place de permanences téléphoniques juridique et psychologique (lire ci-contre), a permis d’atténuer l’isolement. Des trésors d’ingéniosité ont été déployés. Ainsi, en mai dernier, lorsqu’un véhicule sonorisé est allé à la rencontre des jeunes. “Afin d’éviter le décrochage scolaire, nous avons mis en relation des élèves avec l’association PoleS pour du prêt de matériel informatique”, informe Amirouche. Devant la précarité financière et alimentaire d’un nombre croissant d’étudiants, la DMJ a mis les associations de solidarité et le CCAS de Vitry en relation avec eux.

“Même réduite, nous avons organisé une programmation estivale en 2020, en remodelant les séjours, en les raccourcissant et en les cantonnant à la France”, souligne le directeur de la Jeunesse.

Au plus proche de la réalité des jeunes

Une centaine de jeunes ont ainsi pu s’évader de leur quotidien. Le dispositif d’été sportif réorganisé a profité à plus de 4 500 jeunes dans les quartiers. Le dispositif SOS Rentrée a accompagné les déboutés de Parcoursup. “Rester au plus proche de la réalité des jeunes dans cette période, c’est mettre à leur disposition des solutions dans leur recherche d’emploi ou d’apprentissage, à travers des outils tels que le bus de l’Industreet ou le village de l’emploi, au mois de septembre dernier”, rappelle Amirouche Mesbah. Le déconfinement progressif de mai jusqu’à la fin octobre a autorisé la réouverture du PIJ et une reprise presque normale de ses activités.

Au propre comme au figuré, le public était au rendez-vous. Amir connaît bien le lieu qui lui a beaucoup apporté dans son parcours vers l’emploi. “Alors que j’étais en alternance, le PIJ m’a aidé à financer mon permis de conduire, et j’ai pu trouver plus facilement du travail”, explique ce Vitriot de 26 ans, réceptionniste en CDI à l’hôtel Mercure, porte de la Villette. Si le bus de l’initiative a pu mener à bien son action en janvier et février, le forum Avenir et formations a dû finalement être annulé sous sa forme traditionnelle. C’est pour mieux rebondir avec 12 courtsmétrages thématiques de cinq minutes chacun. Réalisés par la direction Jeunesse, et en accord avec l’Éducation nationale, ils sont actuellement en ligne sur les sites des collèges, des lycées et de la ville, ainsi que celui du centre d’information et d’orientation (CIO).

Les activités de loisirs n’ont pas pu se dérouler durant les vacances d’hiver, a contrario des ateliers de révision du bac. La réforme de cet examen, avec l’instauration d’un grand oral, a conduit la MDJ et la bibliothèque Nelson-Mandela à proposer aux lycéens de terminale, en partenariat avec l’association Eloquentia, des cours d’apprentissage de la prise de parole en public par des mises en situation, jeux et impros. Le dispositif a démaré lors des vacances d’hiver, et de nouvelles sessions sont proposées en avril (sur inscription auprès de la bibliothèque Nelson-Mandela au 01 47 18 58 90).

La visibilité à très court terme sur les événements n’empêche pas de préparer le programme des séjours d’été. “Plus que jamais, nous restons proche de notre public, physiquement, tant que le PIJ reste ouvert, et en développant l’utilisation des réseaux sociaux pour communiquer”, assure Amirouche Mesbah. L’art de s’adapter pour ne rien lâcher.

Frédéric Lombard

 

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