67e Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation

Publiée le 20 avril 2021 - Mise à jour le 20 avril 2021

Dimanche 25 avril marquera le 76e anniversaire de la libération des camps de concentration nazis lors de la 67e Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation. Gardons en mémoire ce drame historique pour que plus jamais il ne se reproduise.

Il y a 76 ans, plus de 700 000 hommes, femmes et enfants, prisonniers dans les camps de concentration, étaient regroupés par les nazis et contraints de marcher pour évacuer ces lieux d'extermination à l’approche des forces alliées. Plus de la moitié d’entre eux ont péri lors de ces marches de la mort. Le monde découvrait alors l’horreur de ces camps où des milliers de victimes furent exterminées, en majorité des juifs, mais aussi des tziganes, des homosexuels ou des opposants politiques.

Le 25 avril, le maire, Pierre Bell-Lloch, et la municipalité commémoreront l'anniversaire au monument aux morts.

«  J’y serai, comme chaque année, précise Danielle Dufay, la fille du déporté Léopold Castellan. J’accompagnais toujours mon père, et je tiens, en mémoire des victimes de la déportation dans les camps nazis, à perpétuer ce souvenir. Mon père était fidèle, comme tous ses camarades victimes du génocide, au «  serment des camps », plus jamais ça. C’est pour cela qu’il a continué à se battre pour la paix et le respect de l’homme ».

Arrêté fin 1943, Léopold Castellan sera envoyé pour le voyage en enfer, à Mauthausen, ce camp où les nazis exterminaient moralement et physiquement les résistants, les faisant travailler jour et nuit, les affamant. Entassés comme des bêtes, ils étaient roués de coups. Ceux qui étaient jugés valides continuaient à travailler, les autres étaient condamnés à dormir dehors, nus, et au petit matin, ils étaient achevés à coup de gourdin par les nazis. À la libération du camp par les Américains, Léopold Castellan pesait 35 kilos. Il est resté 6 mois à l’hôpital, souffrant de divers troubles dus à ce qu’il avait subi. Il a été décoré du titre de chevalier de la Légion d’honneur et reçu la croix de guerre. Revenu, il n’en parla jamais, sauf une fois.

«  je l’ai vu pleurer une seule fois lorsque nous regardions Nuits et Brouillards, j’avais une douzaine d’années, et, là, il m’a expliqué un peu, sinon il a toujours été discret », se souvient Danielle Dufay.

Pour les rescapés, leurs familles, de tout cela rien ne doit être oublié, et certains ont témoigné inlassablement. Pour les déportés, cette Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation est une journée d’hommage, de recueillement, de devoir de mémoire qui doit nous engager chacun personnellement.

Christiane Grave

 

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