Maeva Durand, conseillère municipale déléguée à la Lutte contre les discriminations

Publiée le 24 février 2022 - Mise à jour le 24 février 2022

Quel état des lieux dressez-vous à l’occasion du 8 mars ?

Il y a des avancées, mais toujours un problème d’inégalité de salaire et de précarité de l’emploi, dans la répartition des tâches ménagères, l’éducation des enfants ou l’accompagnement des parents âgés, des activités non-reconnues et non-payées. La question des violences contre les femmes, à 98 % masculines, reste prégnante. Un travail d’éducation profond, de déconstruction des mécanismes de domination est à mener. On parle beaucoup du harcèlement de rue, mais le noeud du problème est privé. Par exemple, l’accès à la pornographie, qui véhicule une violence immense envers les femmes, devrait être beaucoup plus réglementé. Et l’abolition de la prostitution permettrait de changer le regard sur les femmes.

Quelles sont, selon vous, les questions les plus urgentes ?

La problématique du logement me semble tout résumer. Lorsqu’une femme victime de violences conjugales veut partir et se reloger, elle doit fournir un justificatif de plainte au nouveau bailleur. Son conjoint est alors prévenu… Difficile en cas de violence... Sans compter la difficulté de payer seule un loyer pour elle et ses enfants, surtout si la pension alimentaire n’est pas versée. Et si sa profession fait partie de celles dont les compétences ne sont pas reconnues et rémunérées à leur juste valeur ou bien qu’elle a sacrifié sa carrière pour assumer la charge domestique, c’est encore plus dur. Bref, la précarité dans l’emploi maintient une situation de dépendance femme-homme.

Comment la ville aide les femmes à sortir de ce cercle vicieux ?

Les crèches, études dirigées, centres de loisirs, équipements culturels et sportifs, centres sociaux, associations leur permettent d’être épaulées sur une partie de l’éducation des enfants. Pour renforcer ce rôle de la ville, nous défendons l’idée d’une maison des femmes qui leur apporterait un soutien direct en fonction de leurs besoins. Elles pourraient aussi y échanger ensemble sur tous les sujets. Les réseaux d’aide d’urgence, sociale, psychologique, médicale existent à Vitry, mais il manque un lieu pour coordonner les ressources. Nous espérons le mettre en place avec le soutien de l’État.

 

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