10 mai : Vitry commémore les mémoires de l'esclavage

Publiée le 11 mai 2022 - Mise à jour le 11 mai 2022

© NWA

À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de l’esclavage, de la traite et de leur abolition, la municipalité organisait une cérémonie commémorative, mardi 10 mai, devant la bibliothèque Nelson-Mandela qui accueille également une exposition dédiée.

Il est un peu plus de 18 heures quand, sur l'esplanade de la bibliothèque, s’élèvent les chants du groupe Ethnik 97. Du gwaka, un genre musical inventé par les esclaves, pour dire la douleur du déracinement, les violences endurées et le traumatisme qui persiste, même une fois les chaînes brisées.

"En quatre siècles, 15 millions de captifs africains sont déportés de l’Afrique vers l’Amérique, a rappelé le maire, Pierre Bell-Lloch, dans son discours inaugurant la cérémonie du 10 mai, pour commémorer les mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition. Ils sont cinq fois plus à périr avant la traversée, à bord des bateaux négriers, au cours de révoltes, emportés par la famine ou la maladie."

Informer sur une histoire occultée

Les nombreux participants de tout âge ayant investi la place pour assister à la cérémonie ont ensuite rejoint la bibliothèque pour assister au vernissage de l'exposition de l’association antillaise Les Amis du journal Justice. Son président, François Silende, en est convaincu : "Il faut continuer à informer sur cette histoire des Antillais et des Africains trop longtemps occultée".

Face au portrait de Toussaint Louverture, chef de la révolution haïtienne de 1793, Katleen sort son portable pour faire une photo. 

"C’est un héros national pour nous", explique la Vitriote, originaire d’Haïti, qui regrette "qu’en France, à l’école, on ne nous enseigne pas vraiment cette histoire."

"Tu vois, on parle aussi de la traite orientale et intra-africaine, pas que de la traite coloniale", fait remarquer plus loin Catherine à son amie Huguette, toutes deux ravies d’assister à une exposition qui "aborde de façon claire tous les aspects de l'esclavage".

Philippe, Vitriot et Martiniquais, lui, ne cache pas son émotion devant une photo du Mémorial Cap 110 à Anse Caffard en Martinique.

"Vous savez ce que ça représente, ces visages tournés vers la mer ? Ils regardent vers le large, car c’est là-bas, dans la mer, que l’on jetait les corps des esclaves morts durant la traversée, avant même d’arriver sur le sol martiniquais." 

Une concertation prochaine…

La soirée s'est poursuivie à la bibliothèque avec la projection du premier volet du documentaire "Les Routes de l'esclavage", un concert de l'artiste martiniquais Igo Drané ainsi qu'un buffet offert par l'association Union Caribéen Vitriots (UCV).

Particulièrement engagée en faveur du devoir de mémoire, la municipalité entend poursuivre ses efforts pour mieux transmettre l’histoire de l’esclavage et de la traitre. Le maire a ainsi annoncé l’organisation prochaine d’une concertation pour choisir ensemble la dénomination de l'esplanade de la bibliothèque qui mettra à l'honneur des femmes ayant résisté au système esclavagiste.

Vitriotes et Vitriots seront amenés à choisir parmi 4 personnalités :

  • la Cubaine Carlota ;
  • la Guadeloupéenne Solitude ;
  • l’Afro-américaine Harriet Tubman ;
  • la Bermudienne Mary Prince.

 

Une dizaine de panneaux et une sélection d’ouvrages thématiques… L’exposition Traite négrière, esclavage, abolitions à la bibliothèque municipale Nelson-Mandela se poursuit jusqu’au 31 mai.

 

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