Concours d'éloquence : une Vitriote sacrée à la barre

Publiée le 01 juin 2022 - Mise à jour le 03 juin 2022

Margaux Lefèvre en 4e au collège Jean-Perrin lors de la finale interdépartementale du concours d'éloquence dans la salle des assises du tribunal judiciaire de Créteil, le 23 mai. © Alexandre Bonnemaison.

Le 23 mai dernier se tenait la finale interdépartementale du concours d'éloquence organisé par le conseil départemental d'accès au droit, l'association Justice et Ville et l'association du Barreau du Val-de-Marne. Margaux Lefèvre, en 4e au collège Jean-Perrin, a remporté la première place lors de la "petite finale" sur l'affaire du gang des barbares.

À entendre leurs plaidoiries parfaitement ciselées, on en oublierait leur âge : entre 13 et 14 ans pour ces collégiens venus participer à la finale interdépartementale du concours d'éloquence dans la salle des assises du tribunal judiciaire de Créteil. Tous avaient déjà participé à la grande finale en mars dernier qui avait désigné deux lauréats et une dizaine de finalistes. Ces derniers se sont affrontés le 23 mai dans le cadre d'une "petite finale" autour d'une affaire judiciaire médiatisée, celle du gang des barbares, à travers le prisme d'Emma, la jeune femme qui avait servit d'appât à Ilan Halimi.

Apprendre à plaider

Parmi ces jeunes pousses du barreau, une Vitriote, Margaux Lefèvre, a endossé le rôle d'avocate de la défense.

"Mon objectif, c'est de défendre Emma en expliquant que sa trajectoire à elle n'est qu'une succession de malchances et que son enfance ne l'a pas aidée", explique-t-elle, son dossier sous le bras, plein de fiches de presse sur l'affaire.

C'est la quatrième fois que son établissement, le collège Perrin, participe au concours d'éloquence coorganisé par le conseil départemental d'accès au droit (CDAD), l'association Justice et Ville et l'association du Barreau du Val-de-Marne. Six séances de documentation et préparation se sont déroulées avec les élèves volontaires et des membres de l'association, juristes et avocats, pour s'informer sur l'affaire et apprendre à rédiger une plaidoirie. "C'est une belle initiative qui vise à développer l'oralité, mais aussi la confiance en soi", explique la professeure documentaliste du collège, Magali Gimenez, qui pilote le projet.

"Je suis ici devant vous..."

Dans la salle des assises, sa robe enfilée par dessus son pull "Lilo et Stich", Margaux a débuté sa plaidoirie, sûre d'elle, "pas vraiment stressée" : 

"Je suis ici devant vous pour défendre une jeune fille seule, sans repères, séduite par un homme plus âgé qu'elle, un chef de gang, Youssouf Fofana." Et de rappeler son enfance difficile, les viols dont elle a été victime au sein de son entourage, l'abandon de sa mère, son statut de réfugiée politique d'Iran, pour conclure : "Comment réagiriez-vous à sa place ? Imaginez vivre cela en une seule vie. Emma, elle, l'a vécu à seulement 17 ans en tant qu'enfant ! Je demande à ce que la peine d'emprisonnement soit réduite et assortie à un accompagenement social éducatif. La justice ne doit pas l'abandonner une seconde fois".

L'avocate Sivane Seniak, qui a coaché la jeune fille avec sa consoeur, Sonia El Ghozi, assure avoir été "bluffée" par l'aisance de Margaux. "Elle se tient droite, sa voix porte, sa  diction est claire, je suis suprise de la voir plaider mieux que certains confrères !"

Les onze membres du jury, magistrats, bâtonniers et avocats, étaient du même avis : après l'avoir longuement applaudie, ils lui ont décerné le premier prix. Fière, Margaux ne sait pas encore si elle deviendra avocate un jour, mais reste convaincue qu'elle veut "aider les gens, même quand c'est difficile, même quand tout semble les condamner".

 

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