Séjour très sportif de 10 enfants de Jéricho

Publiée le 17 mai 2024 - Mise à jour le 24 mai 2024

Dix enfants palestiniens plein d’appétit ont vécu une semaine de découverte dans le cadre de la coopération Jéricho-Vitry en faveur du sport pour tous. ©Toufik Oulmi

Dix enfants palestiniens plein d’appétit ont vécu une semaine de découverte dans le cadre de la coopération Jéricho-Vitry en faveur du sport pour tous.

Sourire, mine sérieuse ou enthousiaste marquent tour à tour les frimousses des dix enfants de Jéricho venus séjourner une semaine chez des Vitriots pour pratiquer le sport à Vitry.

 « Une clôture en beauté qui donne tout son sens à la coopération internationale entre Jéricho et Vitry pour former des animateurs au sport pour tous. Une séquence qui s’achève au bout de deux ans et qui devrait être prolongés pour trois ans », souligne Maud Corso, coordinatrice du projet au sein de l’ESV, club partenaire auprès des deux villes.

Un programme réjouissant de sept jours les attendait à la patinoire, à l’entraînement de football et à l’école de foot de l’ESV, en visite à l’Exploradôme et au Parc des Princes. Et dès le lendemain de leur atterrissage le lundi 6 mai, la section cirque de l'ESV les accueillait.

Au gymnase Joliot-Curie, l’initiation cirque débute par les roulades avant, arrière, roue, poirier sur tapis mené par Alice, entraîneuse secondée d’une équipe de jeunes adhérents à peine plus âgés que les petits invités de Palestine. Les sept adhérents pratiquants communiquent passion et consignes à grands renforts de pouces levés « oui, c’est bien » ou d’index secoués « non, ce n’est pas ça qu’il faut faire».

Un moment de sérénité privilégié

Les yeux pétillants, les enfants palestiniens mordent à belles dents dans cette initiation préparée pour eux et enchaînent 6 ateliers. Tâtonnements et réussites, encouragements et bon esprit… « Ils ont la même envie d’apprendre que la plupart des jeunes Vitriots », commente Aline.

En quelques minutes, hop ! Les voici en équilibre les pieds sur un énorme ballon, dans les airs au-dessus de l’obstacle après un bond sur le trampoline, à jongler avec les bâtons du diable de plus en plus haut, à marcher sur le fil en équilibre ou encore en équilibre au trapèze.

C’est un moment spécial pour les enfants à l’existence contrariée par la guerre, habitués des incursions de l’armée à Jéricho et des confinements pour raison de sécurité. « Compliqué de faire du sport quand nous sommes confinés et sans accès aux espaces de sport, parce que des rues et les places stratégiques sont barrées. »

« J’ai préféré le trampoline, ça m’a donné des sensations », commente Amir. Rotaj nomme les deux grandes découvertes de la journée « patinage et cirque, c’était vraiment bien ».  Et tous opinent quand Tayseer et Layan déclarent : « on aime l’accueil, les relations avec nos hôtes, leur attention pour nous ».

À Jéricho, ils pratiquent basket, karaté, football dans les écoles, le centre de loisirs et au stade même, où les animateurs leur donnent rendez-vous au plus près de chez eux pour limiter les risques pendant les déplacements en période tendue. 

Avec le sport je suis moins triste

L’importance du sport pour eux est forte. « C’est une façon de faire connaissance avec plus de monde. D’oublier l’occupation et de ne pas être triste. D’apprendre des valeurs qui nous permettent de résister aujourd’hui et devenir adultes plus tard. De savoir que l’échec c’est apprendre à devenir plus fort. De saisir un moyen de résistance pour atteindre le haut niveau et exister internationalement. »

Grâce au visa obtenu de justesse et à l’opiniâtreté des partisans de ce rapprochement à Jéricho et à Vitry, ils ont quitté pour la première fois leur ville et posé le pied sur le sol français et vitriot. Une expérience aussi entourée des attentions des familles.

Annie, de la section foot de l’ESV, a reçu Sadan et Areej 11 et 12 ans avec plaisir. 

« On a dû utiliser google trad pour échanger, mais je voulais leur offrir le moyen d’une immersion dans un autre cadre de vie, raconte-t-elle. À peine arrivées elles ont demandé à poser des chaises au balcon. Pour voir. »

Karim, également à l’ESV football, a lui hébergé Salah, Tayseer et Anan âgés de 12 à 13 ans. « Très à l’aise, ils se sont très bien adaptés et ont immédiatement essayé le piano et la guitare de la maison. » Un plaisir d’accueillir qu’il est prêt à renouveler.

Gwénaël le Morzellec

 

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