Batailles pour l’éducation

Publiée le 01 avril 2021 - Mise à jour le 01 avril 2021

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Les protestations enflent contre le manque de moyens dans le secondaire. Enseignants en grève manifestaient le 19 mars à Créteil, tandis que les parents d’élèves dénoncent les manquements et mènent bataille.

L'éducation dans le secondaire, au collège et lycée, est malmenée, comme dans l’élémentaire. Le manque structurel de moyens toujours annoncés en baisse est dopé par la pandémie et son lot de personnel absent pour raison de covid.

Le 19 mars, deux cents personnes environ, enseignants et parents d’élèves du Val-de-Marne notamment et les collèges Monod, Chérioux, Casanova, étaient en force. Elle protestaient sous les fenêtres des bureaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) à Créteil contre la baisse de la dotation horaire globale. Décision qui provoque l’incompréhension alors que le système éducatif est en très forte tension.

« Au niveau du Val-de-Marne, c’est l’horreur, considère Gabriel Holard-Sauvy, représentant départemental au Snes-Fsu, professeur au collège Chérioux. Partout, des personnels sont non remplacés, ceux vulnérables au covid, ceux malades du covid, les cas contacts, avec des absences maintenant allongées à 10, 11 jours. Comme partout en France, le remplacement d’urgence n’existe plus. Mais pire, même les congés maternité, parental, pourtant programmés, ne sont pas toujours remplacés. »

Zéro dans le dossier Parcoursup ?

Un phénomène très perturbateur, que le comptage de la fédération des parents d’élèves FCPE sur la plateforme internet Ouyapacours met partiellement en lumière, de la maternelle à la terminale : 22 143 heures relevées manquantes en France depuis le début de l’année, où Vitry paraît en tête avec 566 heures recensées. Un préjudice subi global qui s’élèverait à 973 210 euros.

Conséquences : des élèves sans cours, hors des programmes d’apprentissage, des équipes de vie scolaire épuisées, pas assez nombreuses pour surveiller des élèves en salle de permanence, des toilettes non surveillées fermées, une alarme incendie déclenchée par jeu presque chaque jour qui fait sauter une heure de cours…

« Il est hors de question que nos enfants en terminale aient zéro en sciences physiques dans leur dossier Parcoursup parce que leur professeur n’est pas présent depuis le début de l’année scolaire », s’emporte Daphnée Adam, présidente FCPE au lycée Chérioux. « Les parents sont très remontés, d’autant que le rectorat ne donne aucune réponse », commente-t-elle, en ajoutant que « des élèves de premières abandonnent cette spécialité, et encore la très longue absence d’un prof d’espagnol et de deux en génie thermique. Les profs sont malmenés, les élèves sont malmenés, les directions sont malmenées ».

Batailles remportées

Si un tel cumul d’absences reste inédit en raison de la situation pandémique, il résulte d’un manque d’anticipation, selon Céline Latil, présidente de la FCPE du collège Chérioux.  

« À la rentrée septembre, plusieurs centaines de contractuels sans poste n’ont pas été recrutés, des contrats n’ont pas été renouvelés et il est prévu 1 800 suppressions de postes au niveau national pour la rentrée prochaine. » La représentante se réjouit cependant de quelques victoires. Au collège, les parents ont vite pris des mesures pour éviter les absences prolongées.

« Nous avons pendant une ou deux semaines submergé les courriels de nos interlocuteurs de la DSDEN de messages identiques, et j’ai envoyé une lettre recommandée rappelant l’obligation légale d’assurer l’enseignement de toutes les matières avant d’indiquer qu’une plainte pouvait être déposée au tribunal administratif. »

En effet, la FCPE a entamé au niveau national une campagne pour encourager les parents à déposer plainte, un kit juridique et le soutien du Syndicat des avocats de France ont été mis en place.

D’autres parts, au collège Chérioux, où la suppression d’une 6e et d’une 5e est en jeu, les opposants profs et parents s’organisent.

Gabriel Holard-Sauvy se réjouit « d’avoir déjà marquer le pas sur la bataille des UP2A, les classes pour les élèves non-francophones, une heure par classe au niveau départementale nous a été finalement rendue ».

Gwénaël le Morzellec

A lire également : Écoles : situation préoccupante

En savoir plus :
FCPE 94
SNES-FSU 94
Ouyapacours

 

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