Jean-Marie Paulus : sous le soleil de Vitry

Jean-Marie Paulus, chanteur et guitariste des Négresses vertes.Jean-Marie Paulus, chanteur et guitariste des Négresses vertes.

Publiée le 30 avril 2018 - Mise à jour le 02 mai 2018

Il a bourlingué de la Bretagne au Larzac en passant par le Nord-Pas-de-Calais et Montreuil pour finalement poser ses instruments et ses chapeaux à Vitry. Rencontre avec Paulo du groupe Les Négresses vertes.

La météo prévoyait une vraie journée d’été. Pas étonnant, nous devions rencontrer Jean-Marie Paulus, dit Paulo, un des membres fondateurs, chanteur, bassiste et guitariste du groupe Les Négresses vertes. Souvenez-vous, c’était il y a trente ans et leurs chansons envoyaient du soleil, de la gouaille, du titi parisien, du flamenco, du tzigane, du rock, du raï, du punk, de la fête, mais aussi de la mélancolie.

Notre musique est le reflet de nos personnalités – jusqu’à 9 membres – et influences toutes différentes”, explique Paulo, en ôtant son béret pour passer une main sur son crâne rasé. Toute sa vie, Paulo a déménagé. “Mes parents avaient la bougeotte. On était sept enfants, tous nés dans un département différent ! J’ai grandi en Bretagne dans les Côtes-d’Armor, bercé par Serge Gainsbourg et les Clash, s’il ne faut en citer que deux !"

"Je ne foutais rien à l’école. À 16 ans, j’étais inscrit au CAP de cuisine à Poitiers. J’ai été au bout, mais je n’ai pas eu le diplôme. En revanche, je me suis acheté ma première basse et j’ai commencé à jouer dans des tas de petits groupes dont Les Maîtres de 1981 à 1984. De 1985 à 1987, j’ai travaillé chez Zingaro, c’est là que j’ai tout appris sur le spectacle, la rigueur, l’esthétique. J’y suis d’ailleurs retourné de 2014 à 2017 pour bosser avec Bartabas sur On achève bien les anges”, poursuit-il.

C’est en 1987, au gré des rencontres dans les bars parisiens, que le groupe Les Négresses vertes s’est formé. “Le nom vient d’une de nos chansons écrite par Noël Rota (Helno), chanteur historique du groupe. Elle dénonce le racisme”, révèle Paulo de ses yeux d’un vert profond, poétique coïncidence ?

Paulo a alors habité le XIXe, des villes de la petite couronne, “en fonction des opportunités”, Montreuil, Aulnay-sous-Bois, Aubervilliers, Les Lilas, s’imprégnant ici et là des cultures qui les traversent : le Maghreb, l’Espagne, l’Afrique, l’Italie, l’Amérique latine... “J’ai toujours aimé le métissage qui caractérise la banlieue et ce côté provincial, exactement comme à Vitry”, lance-t-il en désignant la terrasse ombragée de l’Amitié, le restaurant où il a ses habitudes.

Tout le monde est détendu, accueillant. Le cordonnier/pressing en bas de chez moi qui repasse mes chemises pliées exprès pour mes voyages, le restaurant thaï, le coiffeur Cachou qui me donne toutes ses bonnes adresses. Je suis près de Paris – mon bus, c’est le 183 – qui reste le « lieu incontournable » pour la musique. Mais je fais aussi beaucoup de choses à pied, car j’adore marcher”, confie l’artiste qui se définit comme un “loup solitaire”.

Je ne sors plus beaucoup, avoue-t-il, en caressant ses joues poivre et sel. J’aime surtout écouter de la musique – de tout avec un gros penchant pour la musique jamaïcaine, m’engager pour les autres, voyager...

Celui qui a connu le succès en France et à l’Inter- national, puis la mort tragique d’Helno en 1993, l’a prouvé à plusieurs reprises. “Après la séparation du groupe en 2001, je suis partie dans le Larzac, j’ai beaucoup écrit, j’avais un âne. Puis dans le Nord-Pas- de-Calais avec la compagnie de théâtre Les Embardées. Je donnais des ateliers d’écriture dans les collèges, les prisons. J’avais envie de transmettre”, raconte-t-il en roulant sa cigarette.

En 2017, Paulo réitère l’expérience auprès de personnes SDF avec l’association le Carillon dans le XIVe. Jusqu’à ce que la mai- son de disques propose aux membres du groupe de repartir en tournée avec les titres du premier album Mlah. On est des vieux copains. Stéfane, Iza, Mathieu, mon frère, et Michel avons tout de suite dit oui. On a embauché un accordéoniste et un batteur. On a répété pendant un mois au studio Hocco, juste en face. L’accueil du public est incroyable.

Au-delà de la tournée, le chanteur ne sait pas trop si le groupe écrira de nouvelles chansons. “Tout peut arriver ! En tout cas, j’espère jouer à Vitry bien vite !

Portrait réalisé par Katrin Acou-Bouaziz

 

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Le 28 avril au Blanc-Mesnil. 

Les 12 et 13 octobre à Paris, au Cabaret sauvage.

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