Une classe prépa écoles d'art aux EMA… pour tout le monde !

Michel Blazy, artiste contemporain et professeur d’arts plastiques aux Ecoles Municipales Artistiques.Michel Blazy, artiste contemporain et professeur d’arts plastiques aux Ecoles Municipales Artistiques.© Cyril Ananiguian

Formation

Publiée le 14 mars 2019 - Mise à jour le 19 mars 2019

Les écoles d'art, c’est pour tout le monde. C'est le message qu’adresse la municipalité de Vitry à la jeunesse de la ville à l’occasion de la création, à la rentrée 2019, d’une classe préparatoire aux concours des grandes écoles d'art. Entretien avec Michel Blazy, artiste contemporain et professeur d’arts plastiques aux Écoles municipales artistiques.

  • Quel est votre objectif en tant que futur enseignant de la classe prépa des EMA ?

Nous, avec l’équipe enseignante, ce qu’on veut, c’est faire accéder une classe sociale plus populaire à la  "culture beaux-arts". Pour ça, on est en relation avec des lycées vitriots de bac STD2A – sciences et technologies du design et des arts. Il y a là un bon potentiel d’élèves qui pourraient se motiver.
On préfèrerait recevoir des personnes complètement investies et transportées par leurs propres envies que quelqu’un qui a les références qu’il faut, la bonne carte à montrer, parce qu’il a grandi dans ce milieu-là. Dans les beaux-arts, on est toujours très heureux de voir arriver des gens qui sont d’une autre classe sociale que fils ou fille d’artiste, ça change.

  • Parce que les beaux-arts, ça fait un peu bobo, c’est ça ?

Oui et non. En fait, il faudrait faire tout un boulot d’information auprès des parents et des enseignants pour chasser un peu l’image d’Épinal qui entoure les beaux-arts, style la vie de bohème au XIXe siècle. Les beaux-arts permettent énormément de débouchés : artistes évidemment, étalagistes, graphistes, médiateurs artistiques, galeristes, critiques d’art, chefs d’exposition, enseignants…
Ça forme des gens de façon multiple, ça fait des gens qui s’en sortent, qui savent se débrouiller.  Et puis, c’est un milieu où on te demande ce que tu penses de ton rapport au monde, on te demande de te positionner, toi, face au monde. Ce sont des études qui apportent énormément à l’individu.

  • Permettre aux personnes issues des classes populaires d’accéder aux beaux-arts, c’est aussi un plus pour la culture en général, non ?

Oui, ça participe à un mouvement de revivification de la culture qui est absolument indispensable. Indispensable parce que, sinon, c’est l’horreur, l’asphyxie, la mort de l’art. Les milieux artistiques sont en demande de ça, même s’il y a du boulot à faire pour rendre l’art contemporain perméable. C’est une culture qui s’autoreproduit, assez fermée, et donc qui n’a plus de répondant populaire.
Après, c’est moins pire en France qu’ailleurs. On a les fonds régionaux d’art contemporain qui font un excellent travail. Le MAC VAL, par exemple, à Vitry, accomplit un énorme boulot auprès des enfants. Ce sont des bons outils pour abattre les frontières.

Timothée Froelich

 

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plus d'infos

Les dossiers d'inscription à la classe préparatoire seront mis en ligne fin mars.

D'ici là, vous pouvez adresser toutes vos questions aux Écoles municipales artistiques : 01 55 53 14 90

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