Commerce

Commerce local, la reprise

Dossier réalisé par Gwénaël le Morzellec / Photographies : Alexandre Bonnemaison

Inquiets, soulagés, positifs… une grande partie des commerçants non essentiels ont rouvert dès samedi 28 octobre. Pour les soutenir, consommez local !

Élus et municipalité sont prioritairement attentifs aux besoins actuels des habitants et acteurs locaux. Le service Commerce artisanat se rapproche ainsi des professionnels. Les élus, la municipalité, les services donnent leur priorité à construire avec les habitants et avec les commerçants, qui ont rouvert pour les ventes de Noël, des solutions pour mieux les accompagner pendant cette période difficile qu'est la crise sanitaire et consommer local.
 
Ainsi, le service Commerce artisanat, avec une équipe de quatre personnes, a assuré une campagne d'appels téléphoniques, début novembre, et de rencontres des commerçants sur le terrain, mi-novembre, pour mieux connaître leur activité et, plus largement, leur situation, et les encourager à s'inscrire sur la plateforme internet mise à disposition.

La plateforme commerces fait connaître aux habitants les points de vente qui livrent ou prennent des réservations pour des collectes sur place. Il suffit aux commerçants, artisans ou prestataires de services de s'inscrire pour être localisés en quelques clics et aux consommateurs vitriots de s'y rendre, pour les soutenir, leur apporter un coup de pouce et trouver un bon plan ! 72 commerçants <font size="4"><font face="Arial">–</font></font> artisans y sont déjà présents.

Humeurs...

Depuis samedi 28 novembre, l'autorisation gouvernementale de réouverture est accordée à la plupart des commerces rangés parmi les non-essentiels et qu'il faut soutenir. Humeurs.

Retrouvez-les également en images

On garde la pêche et le moral

Avenue Rouget-de-Lisle, derrière des azalées, Arnaud, responsable de Monceau Fleurs, installé dans des murs tout neufs, s'esclaffe « Ouf ! on peut faire l'activité sapin et on garde la pêche et le moral », poursuit-il, tout en avouant un bilan d'une semaine à un tiers d'un chiffre ordinaire. Dans le rush, il s'est mis en configuration publique avec une jauge de 8 clients, abandonnant le système de guichet à l'entrée du magasin pour faire connaître ses produits et vendre aux clients du quartier pendant la période autorisée de la Toussaint. « Et ils avaient joué le jeu. »

Je me sens positive

Dès son ouverture, les clientes revenues lui ont dit combien son service était pour elles essentiel. « Là, je me sens positive, dit la gérante de Laura institut de beauté, installée depuis 6 ans boulevard de Stalingrad. Je garde le sourire, c'est une bonne période : on fait les décos de Noël. Mais, au début, on a du mal à dormir, on se demande si sa société va réussir à survivre à tout ça. » Pour l'heure, Laura s'adapte et prend, avec sa salariée, le travail quand il est là : pas de pose à midi et fermeture parfois reculée à 20h ou au-delà. Elle désinfecte aussi attentivement le matériel et échelonne les rendez-vous. Pendant le confinement, elle avait vendu quelques produits cosmétiques sur Internet, pris des nouvelles des clientes par téléphone. Mais certaines pertes ne pourront se rattraper... Une situation qui l’a amenée à demander un prêt financier pour faire face aux paiement des salaires, achats de produits et autres charges.

On ne sait pas encore ce qui va se passer

À proximité, Manjun, gantée, masquée, jeune gérante du Défi Bazar de 600m2 depuis 4 ans, reste laconiquement retenue quant à son humeur. Elle a enlevé les rubans interdisant la vente de la moitié des produits en rayon, mais ses clients habituels, parmi les seniors, ne sont pas tous revenus. L'énergie de la reprise, elle ne la sent pas encore, « on ne sait pas ce qui va se passer », commente-t-elle, obsédée par le chiffre d'affaires à réaliser sans aide, ni site Internet de repli, trop coûteux et long à mettre en place pour elle. Pourtant Alzira, senior habitante de Robespierre, est là, un lot de guirlandes à la main. « J'ai l'habitude d'acheter ici des bricoles, cadeaux ou choses de tous les jours, et je les aiment bien, il faut les aider. »

Je ne pense pas passer le mois de mars

Franck Zongo, styliste avenue Paul-Vaillant-Couturier depuis 15 ans, a mis en avant dans sa boutique des idées de cadeaux pour les fêtes, des accessoires dans des tissus ethniques. Pendant les récentes périodes creuses, il avait adapté sa production en fabriquant des masques qu'il réalise maintenant pour les enfants de moins de six ans. « Pour le moment, c'est un peu difficile, convient-il, avant de reconnaître : je ne pense pas passer le mois de mars. Nous ne sommes pas sûr de pouvoir bénéficier des aides prévues, nous avons fait des demandes auprès des banques, mais nous n’avons pas reçu de réponses concrètes pour le moment. »

Je reprends le travail soulagée

Place Paul-Froment, l'auto-moto école CFR a rouvert boutique mardi. « Je reprends le travail soulagée », dit une des monitrices, au chômage partiel pendant plusieurs semaines. Son patron fait lui plutôt grise mine. Imed ne se sent pas sorti du tunnel. En effet, les cours de conduite, jusque-là interdits, mais les examens programmés maintenus, ont provoqué des échecs, notamment faute de préparation, que certains de ses clients reprochent. Dans l'incertitude du déconfinement définitif, ils sont peu à s'engager aujourd'hui.

Les clients attendent sans doute les fêtes

Avenue du colonel-Fabien, au Plateau, dans son salon de coiffure, Rabia s'active à une couleur et s'étonne : « au premier confinement, les gens s'étaient précipité, mais pas cette fois, ils attendent sans doute les fêtes ». Elle retrouve petit-à-petit ses clients de quartier et a dû faire le dos rond avec un gros loyer à payer et des charges. Anna, une de ses clientes âgées, est venue juste se faire laver la tête. « Je n'étais pas sortie depuis des mois, sauf pour aller à la pharmacie. »

La fréquentation redescend

Sur la même avenue, Laure, la gérante du magasin chaussures Iris, présente depuis 40 ans, avoue être inquiète. Pendant le premier puis le deuxième confinement, la boutique n’a pas pu travailler du tout. Difficile de faire essayer des chaussures sans la présence physique des clients… « Samedi, ça a bien marché, soupire-t-elle. Mais depuis deux jours, la fréquentation redescend et les perturbations du RER C n’arrangent rien au flux des clients. »

Je suis resté en activités à emporter

Place Jean-de-La-Fontaine, au Moulin-Vert, Francisco, chef de la pizzeria de quartier Il Mulino verde depuis une vingtaine d'années, consent à indiquer : « je suis resté en activité à emporter cette fois, pour ne pas mourir ».

Ni serein, ni catastrophé

Au marché du Centre-ville, devant son étal de prêt-à-porter pour femme, Bilail se dit « pas vraiment serein, mais pas non plus catastrophé ». « C'est bon de se revoir », lui lance une cliente. « Il y avait un coup de peps samedi avec plein de monde, s'esclaffe-t-il, mais moins ce mercredi. Sans soutien, il a pour sa part « mis de l'argent de côté pour faire face au deuxième confinement et pouvoir manger ». « J'ai évité de faire du stock, surtout pas les grosses pièces coûteuses que j'ai achetées au premier jour de déconfinement. » De nature positive, il attend les annonces du gouvernement et la réouverture plus souple des fontières qui promet le retour de ses clients dans l'import export.

Concours Vitry'nes en fête

Un geste d'encouragement pour notre commerce local de proximité : participez au concours Vitry'nes en fête et élisez la plus belle vitrine décorée sur le thème de Noël. Le commerçant gagnant sera récompensé et vos photos publiées. Participez jusqu'au 31 décembre

Page publiée le 04 décembre 2020 - Mise à jour le 04 décembre 2020